Les critiques de la semaine (17/03)

Publié le par fadila

Blanc comme neige, ou comment passer à côté d’une bonne idée.

 

Dix ans après Une femme d’intérieur, Christophe Blanc revient avec un thriller. Blanc comme neige, c’est l’histoire d’une descente aux enfers. Comment un vendeur de voiture se retrouve blessé, une arme à la main, comme on peut le voir sur l’affiche et dans la bande annonce.

 

Un "thriller français"... Rien que l'appellation sonne bizarre, et pourtant, il y a des réussites de temps en temps. Mais ce film est en demi-teinte. Il avait presque tout pour faire un bon film. Le scénario est intéressant, avec à la fois des scènes d’action et des réflexions psychologiques, une vraie évolution de la situation et des personnages. Les acteurs sont d’ailleurs tous convaincants, à part peut-être Louise Bourgoin en femme multilingue qui ne dupe pas grand monde...

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Mais ce n’est certainement pas le meilleur rôle de François Cluzet. Pas à cause de l’acteur, mais du personnage. En fait, on n’arrive pas à s’attacher aux personnages, à s’identifier à eux, Maxime (François Cluzet) en tête. Preuve en est qu’il a fallu que je relise le résumé du film pour me souvenir de son prénom. La faute à une scène d’exposition assez inhabituelle, qui vise certainement à instaurer un suspense mais qui, du coup, omet de nous présenter les protagonistes. On se contente d’un vague résumé de la vie de Maxime par une voix off assez détachée. Alors forcément, quand il lui arrive des bricoles, ça ne nous fait ni chaud ni froid. On reconnait, avec détachement aussi, qu’effectivement, c’est une histoire bien faite, une intrigue bien « ficelée », mais ça s’arrête là. On ne tremble pas pour les antihéros qui nous sont donnés à voir. On reste en dehors du film, et c’est bien dommage.

 

L’autre gros défaut du film, c’est de rester en surface des choses, ce qui ne nous aide vraiment pas à nous impliquer dans l’histoire. En fait, un quart d’heure de plus n’aurait pas été de trop. Ça aurait permis d’étoffer un peu le début, mais aussi de creuser les répercussions de chaque rebondissement. Parce qu’il y en a, des rebondissements. Mais au lieu de bouleverser radicalement l’ordre des choses, ils ont l’effet d’un pétard mouillé, avec des conséquences à très court terme. En tout cas, on le reçoit comme tel. Un peu de temps supplémentaire aurait aussi permis de terminer le film moins brutalement. Le dénouement étant résumé en voix off en deux minutes à peine, on a l’impression d’une fin bâclée, on a à peine le temps d’assimiler toutes les informations que l’on nous donne. Et voilà, le film est fini. Quelle déception ! C’est trop facile.

 

Ce n’est pas un mauvais film, au contraire, il est très bien fait. Mais, alors qu’il s’agit d’un scénario original, on a l’impression d’être face à une bonne histoire mal réalisée, comme un roman qu’on a adoré mais qui a été mal adapté. Aucune émotion ne passe, aucun frisson. On reste sur sa faim.

 



Ecrit par Samantha Broggini







 





    

 


 





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Publié dans Critiques

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