Les critiques de la semaine (24/03)
Un film noir méchamment efficace
A Marseille, un ancien parrain de la mafia retiré des affaires est criblé de balles par d’anciens ennemis. Affaibli mais survivant à ses blessures, il décide de se venger.
Richard Berry signe ici un film d’une rare violence pour un film français. Il ne lésine pas sur les cascades, les coups de feu, le sang... Parfois on se cache les yeux face à ces images « choc », mais la violence est toujours justifiée par l’histoire.
Le scénario est inspiré de faits réels et ça fait froid dans le dos. Tout en étant complexe, l’histoire est parfaitement lisible, on ne se perd pas, au contraire. On est dans le film du début à la fin, on a peur pour les personnages que l’on aime et on souhaite que les pourris se fassent tuer, on se prend au jeu.
Le film est porté par des acteurs brillants qui montrent tous une large palette d’émotions. Jean Reno en tête. Il est simplement touchant. A la fois un truand dangereux et tenace, un homme sensible, blessé et diminué, et un père aimant qui a peur pour les siens.
Kad Merad est étonnant de justesse dans un registre où on ne l’attend pas. Au final on adore le détester.

La mise en scène est très travaillée, jusque dans les moindres détails. Tout est fait pour impliquer le spectateur dans le film et c’est plutôt réussi. On tremble, on sursaute. C’est un film qui parle aux sens plus qu’à l’intellect. La caméra portée est utilisée fréquemment, un peu trop d’ailleurs. Au bout d’un moment, on est lassé de voir des images qui bougent beaucoup, que l’on n’a même pas le temps d’analyser tant le montage est rapide lors des scènes d’action. D’un autre côté, c’est cet aspect heurté qui participe de l’ambiance violente.
Par contre, le montage est très soigné, notamment avec des effets de transition recherchés qui ont un vrai sens au sein du film et ne sont pas là seulement pour faire joli.
Mais, en plus des scènes d’action pure, il y a une dimension plus dramatique, traitant de la trahison, de l’honneur et des principes moraux qui font défaut à certains.
De l’action, de la violence, du sang mais aussi de l’émotion, les thèmes de la vengeance et de la famille sur fond d’enquête policière, le film est réussi sur tous les tableaux. Il devrait d’ailleurs plaire aux américains (pas étonnant, étant donné qu’il est produit par Luc Besson). Peut-être alors qu’ils en feront un remake, comme à leur grande habitude. Mais nul besoin de remake, l’original est toujours meilleur.
Ecrit par Samantha Broggini