Les critiques de la semaine (12/05)

Publié le par fadila

 

Freddy les griffes de la nuit

 

 

« Freddy, les griffes de l’ennui. »

 

Freddy, mon cher Freddy, il est vrai que quand je fus plus jeune et plus innocente, tu me faisais horriblement peur. A présent, de l’eau a coulé sous les ponts et je peux enfin dire que tu m’as fait hurler de rire !  

 

les-griffes-de-la-nuit1-1-.jpg

 

 

« Freddy les griffes de la nuit » est un film qui manque cruellement d’originalité. C’est un véritable simulacre de film d’horreur, c’est même un patchwork de films que nous connaissons tous.  En effet, le film fait plusieurs allusions exubérantes à certains films connus, dont  L’Exorciste, Shining, deux modèles du film flippant. Les apparitions de petite fille à robe bleu rappellent atrocement le film de Kubrick et on se demande pourquoi le film a fait du copier-coller si c’est pour faire pire. Autre « déjà vu chez quelqu’un d’autre », la scène de la piqûre dans la poitrine, provenant de Pulp Fiction, puis peut-être aussi Les aventures de Rabbi Jacob, avec la fameuse scène du rêve mouillé qui rappelle immédiatement Louis de Funès englué dans du chewing-gum vert clair, tout comme Nancy englué dans on ne sait pas trop quoi d’ailleurs. Tout comme le film de Gérard Oury, cette scène est par conséquent à mourir de rire. « Ca, c’est ce que j’appelle un rêve mouillé. »

 

Freddy est un film qui ne fait pas vraiment peur. En effet, on voit arriver les apparitions surprises de très loin, de plusieurs kilomètres même. Ces effets d’apparitions en deviennent même grossiers. La musique et les mouvements de caméra semblent nous dire, que dis-je, nous crier « Attention, il va se passer quelque chose !!!! »,  à coups de panoramique lent à souhait, et effectivement il se passe quelque chose …. Il n’y a point de surprise, point de suspense. Nous savons quand il s’agit d’un rêve, nous savons déjà qui sera les derniers survivants, nous savons déjà que Quentin va se taper Nancy. Pourtant, les codes du film qui fait flipper sont présents. Au début du film, on retrouve sans arrêt les mêmes tons de couleurs, le vert et le rouge, ce qui m’avait fait penser aux mêmes tons colorés qu’emplois un mauvais film d’horreur de série B. Heureusement pour le film, ces tons criards disparaissent peu à peu. Il faut sans doute signaler que le film d’horreur est un genre qui ne se contente pas tout le temps d’effets de surprises, et autres tons de couleurs, comme l’avait brillamment fait Kubrick avec Shining ou comment faire peur en plein jour, puis avec un plan fixe et du sang qui dévale les escaliers pour envahir l’espace, le cadre, les yeux du spectateur, ouhhhh, rien que de l’écrire, j’en ai la chair de poule….

 

 

 

VIDEO-Les-griffes-de-la-nuit-coupez-elle-est-bonne_image_ar.jpg

 

Freddy les griffes de la nuit tente désespérément de faire comprendre le pourquoi du comment. A savoir pourquoi tue-il ? Et surtout, comment ??? Par les rêves, ça d’accord, mais c’est impossible !! Enfin bref, le spectateur doit se contenter d’un « Si tu meurs dans ton rêve, tu meurs pour de vrai ». Ok d’ac, je ne pose plus de question ! Mais alors, pourquoi donc, bon sang de bonsoir, Freddy se met-il à tuer de pauvres adolescents ?? La vengeance, pardi ! Mais surtout, on apprend que Freddy était un pédophile, et ça, pour le coup, ça fait peur. En revanche, la pédophilie supposée de Freddy est complètement secondaire, on y fait référence que rarement, et quand on parle, on doit immédiatement la fermer, parce que ce n’est pas bien. Comment est-ce possible de reléguer au second plan, voir même au troisième plan, un sujet aussi grave que la pédophilie ? Et puis ce n’est pas logique de vouloir se venger des enfants plutôt que des parents, ou alors, tuer les enfants est une manière de se venger des parents…. Bref, la tentative du film de faire passer Freddy pour un sacré pervers violeur d’enfant n’a malheureusement pas fonctionné. Le pourquoi donc est poussif. Freddy est un film d’horreur médiocre, la réflexion, le drame des enfants et les remords inexistants d’un type pédophile n’intéressent personne après tout !

 

Les acteurs du film tirent des têtes pas possible, ou alors n’expriment rien du tout,  et n’échappent pas au cliché du « Fuck », « Shit » prononcé toutes les 5 minutes, ce qui en fait un médiocre teen-movie. En parlant, de vulgarité, le fameux plan « entre les jambes » de Nancy prenant son bain m’a fait juste hurler de rire. L’aspect faussement érotique met en évidence l’étrange relation sado-maso-perverso-sexuelle entre Freddy et Nancy, et comme nous ne savons rien de la nature de cette horrible relation, à part les photos que nous n’avons pas vu, on ne peut compatir à la souffrance de Nancy. La perversion sexuelle du personnage de Freddy est plutôt bien vue, mais tellement maladroite, que ça en deviens dégueu. Beurk la langue, Freddy !!

 

Cependant, si on est fan de film gores,  Freddy ne lésine pas sur les moyens ! Et c’est je crois, le seul point positive du film. J’avoue que le prologue du film, m’a un peu, comment dire…, fait froid dans le dos. Le film dégouline de sang. « Ca, c’est que j’appelle un rêve mouillé ».

 

a-nightmare-on-elm-street-2010-picture-4-1-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller voir ce film, il faut vraiment être très très bon client, et être sensible a tout, au moindre petit claquement de lame de ce cher Freddy, comme ma voisine assise à côté de moi pendant la projection, qui n’arrêtait pas de sursauter et dont je terrais le nom… Ames non-sensibles, s’abstenir.

 

Ecrit par Fadila Ahmed-gaid.

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article