Les critiques du 7 avril

Publié le par fadila

    Remember me

 

Un drame faussement romantique.

 

 

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Au début, je n’avais strictement aucune envie d’aller voir « Remember me ». Pffff encore un film avec cette mocheté de Robert Pattinson !!!, pensais-je alors, quel supplice !! Mais une de mes meilleures amies m’a convaincue d’y aller, et face à mes amis, je n’ai aucune volonté. L’amitié est ainsi mon péché mignon…

 

La première scène du film est une belle réussite. Une femme blonde, accompagné de sa fille attendent le métro sur un quai, à New York. Elles sont presque seules sur ce quai, la femme surveille du coin de l’œil deux jeunes qui n’ont pas l’air d’être inoffensifs. A coups de regards angoissants et de caméra subjective porteuse de désespoir, la tension et le drame qui en résultent sont plutôt bien transmis dans cette première scène cruciale, qui déterminera par la suite le destin de certains des personnages.

 

En revanche, la suite, est moins réussie. Le film décrit une jeunesse tantôt riche et faussement rebelle (celle de Robert Pattinson, alias Tyler) tantôt  modeste, mais aussi plus paumée (celle de Emilie de Ravin, alias Ally, 21 ans). Le thème commun entre ces deux personnages, c’est leur relation très conflictuelle avec leur père respectif : alors que petit Tyler ne supporte pas que Papa (Pierce Brosnan) ne pense qu’à son travail et délaisse ses enfants, petite Ally nous fait une parodie de crise d’adolescence, à coup de « Je fais ce que je veux !!!! » et « Papa, tu n’es qu’un sale alcolo, raison de plus pour pas t’écouter !!!! » Ouuuuhhhh…. La plaie de ce film, c’est justement l’alcoolisme, ou une tendance à boire comme des trous,  avérés de la plupart des personnages, hormis Ally. Ainsi, le film ne déroge pas au cliché d’une jeunesse qui noie ses problèmes en se noyant dans l’alcool. Mais étrangement, bien que plongeant dans ce cliché comme on plonge dans une piscine lorsque le soleil est à son zénith, le film n’en fait pas trop, et, sans vouloir faire de jeu de mot, reste sobre. On voit très peu les personnages se saouler littéralement. Et puis surtout si l’alcool n’est qu’un complément au besoin de s’amuser, il est un véritable problème pour le père d’Ally. Sur ce point précis, il me semble dommage que le film n’est pas voulu creuser davantage sur les dégâts psychologiques que causent l’alcool chez le personnage du père d’Ally. Mais c’est sans doute parce qu’il n’est qu’un personnage secondaire. Mais le grand problème de ce film, c’est justement que les personnages secondaires du film sont les plus intéressants, à l’image de la petite sœur de Tyler, une jeune fille de 11 ans (alias Ruby Jerins) extrêmement douée, et qui souffre du mépris de ses camarades de classe qui la trouvent bizarre. Cette jeune fille est un véritable puits d’émotions et on ne peut que la trouver touchante.

 

 

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Le jeu des acteurs est en demi-teinte. L’interprétation d’Emilie de Ravin ne m’a absolument pas convaincue. Je la trouve transparente, aussi livide et monotone que sa démarche dans le film. Elle est un désert d’émotions. Robert Pattinson est convaincant dans le registre comique, rare mais pourtant présent dans le film. Il détient un regard fou ainsi qu’une gestuelle empreinte d’agitations et de tremblements, rendant ainsi visible l’implacable aversion qu’il éprouva un moment pour son père. La scène de dispute avec son papa en est un parfait exemple. Dans « Remember me », Robert Pattinson deviint une pub pour cigarette ambulante. Il se rase peu, et vit dans un véritable taudis. En voyant ce film, certaines filles Pattinsonphiles vont très, très vite déchanter.

 

 

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Hormis l’interprétation des acteurs inégale, le film ne va pas au bout des choses et sombre littéralement dans « Tout se termine bien dans le meilleur des mondes ». Ainsi, les disputes familiales n’ont rien d’irréversibles, elles finissent par s’arranger. Les papas pardonnent leurs enfants et les enfants pardonnent leur papa. « Remember me » est donc superficielle, et c’est dommage car il y a de quoi faire. En revanche, ce qui est intéressant dans ce film, c’est le traitement de la mort. Appliqué au personnage d’Ally, la mort, celle d’un être aimé, peut être à la fois source de traumatisme et de libération. C’est sur cette double identité de la mort d’un proche que le film se penche, mais encore une fois, trop artificiellement. Cependant, le film bénéficie d’une lumière soignée et de cadrages très intéressants. Dommage que le fond ne soit pas aussi soigné que la forme… En revanche, la fin est saisissante, elle vous prend littéralement aux tripes. C'est l'excellente surprise du film, avec la première scène. La fin est aussi inatendue que bouleversante. C'est peut-être la seule raison d'aller voir ce film....

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